Santé psychologique

Les vacances, quel travail !

8 juillet 2013

Petit guide du décrochage planifié

Ahhh… les vacances! Ce moment tant attendu pour enfin relaxer de notre quotidien endiablé. Mais, réussirez-vous vraiment à décrocher ?

Saviez-vous que le mot vacances vient du latin « vacare », qui veut dire « être sans » ? Par exemple, être sans échéancier serré, sans trafic, sans objectif de production, etc. Si vous salivez à la lecture de ces lignes, ce blogue vous intéressera sûrement. Comment viser une récupération optimale pendant nos vacances? Il existe certaines clés que j’aimerais vous partager. Ce sujet m’intéresse grandement car je suis pétulante de nature (oui, oui!) et les vacances m’aident à remplir mes réserves d’énergie. D’ailleurs, les bienfaits des vacances sont très bien documentés1,2, 3  :

  • Augmentent la créativité
  • Améliorent la santé mentale et physique, le bien-être
  • Stimulent la performance au travail
  • Diminuent le stress

Je nous ai donc concocté un petit guide du décrochage planifié.

Planifiez votre départ du travail. Plusieurs semaines avant votre départ, annoncez les dates de vos vacances dans vos courriels et à votre entourage au bureau. Vous limitez ainsi les dossiers de dernière minute. Avisez également qui rejoindre pendant votre absence .Assurez-vous que la majorité de vos projets soient à jour quelques jours avant votre départ. Si jamais il devait y avoir des imprévus au travail, vous serez à même de pouvoir les gérer. Par contre, rappelons-nous ces sages paroles de Beryl Pfizer, écrivaine : « Si l’on faisait tout ce que l’on doit vraiment faire avant de partir en vacances, elles seraient terminées sans même avoir commencé. ». Il n’est pas efficace de partir en vacances en étant épuisé et stressé… justement en raison de la planification de nos vacances!

Planifiez votre retour au travail. Nous pouvons facilement être dépassés par le travail qui nous attend à notre retour. La pile est toujours là et misère… il se peut même qu’elle ait augmenté! Mais, pas de panique! Réservez déjà un ou deux jours lors de votre retour, si cela est possible pour vous, pour traiter les dossiers petit à petit. Tentons de ne pas nous imposer un rythme irréaliste et qui évaporerait les bienfaits de nos vacances dès le premier jour du retour. Par exemple, un travailleur m’avait déjà dit qu’il indiquait sur sa boîte vocale qu’il revenait au bureau un jour plus tard qu’en réalité. Il gérait ainsi les attentes de ses collaborateurs et de sa clientèle. Personne ne s’attendait à un retour d’appel la journée de son arrivée. Par contre, je suis bien consciente que cela n’est pas possible dans tous les milieux de travail. Mais vous comprenez l’idée, reste à être créatif!

Décrochez progressivement. Pour les personnes qui ont un horaire chargé ou pour ceux qui ont un niveau d’énergie assez caféiné (dont je fais partie…), diminuer drastiquement notre rythme de croisière peut s’avérer stressant pour notre organisme. Or, le stress a un effet dépressif sur le système immunitaire. Combien d’entre nous sommes tombés malades dès le début de nos vacances??? Il peut être plus profitable de ralentir peu à peu et de planifier ce décrochage progressif. Par exemple, lors de mes dernières vacances, j’ai profité de ma première semaine de congé pour faire quelques travaux sur le terrain, tout en m’accordant des pauses. Lentement, mais sûrement, j’en suis venue à un rythme de vie un plus zen pour le reste de mes vacances en diminuant les activités prévues à mon horaire.

Débranchez-vous ou limitez-vous!, Couper totalement les ponts avec le travail peut stimuler la récupération pour plusieurs d’entre nous. De fait, les moments passés en vacances avec nos proches sont précieux, car ils améliorent la qualité de nos relations et stimulent le soutien social. De plus, notre corps et notre esprit ne sont pas faits pour fonctionner à haut régime 365 jours par an. Il ne vous viendrait pas à l’idée de laisser rouler votre voiture indéfiniment et qui plus est, sans remettre du carburant dans le réservoir! Nous avons besoin de repos. Cependant, sachez qu’une grande proportion de gens travaille un peu pendant leurs vacances (sondages Accenture 2013 et monsters.ca, 2008, consultés en ligne). En faites-vous partie ? Moi oui, parfois! La frontière entre ma vie personnelle et mon travail est assez perméable et cela me convient. De plus, pour certaines personnes, ne pas être en contact avec leur travail peut s’avérer anxiogène : combien aurais-je de courriels à traiter à mon retour ? Et s’il y avait des urgences ? Ces gens pourraient préférer garder un pied (virtuel) au bureau. Toutefois, certaines limites s’imposent. Pour ma part, je ne passe jamais plus de 10 minutes par jour à répondre à mes courriels et je ne le fais pas non plus à chaque jour de mes vacances. Ce sont mes balises : quelles sont les vôtres ?

Posez-vous LA question. De quoi ai-je vraiment besoin pendant mes vacances? Une étude (De Bloom et al., 2011) démontre que les bienfaits des vacances sur la santé et le bien-être dépendent du type d’activité réalisée lors des vacances. Par contre, prendre du temps pour soi pour répondre à nos besoins est un prédicteur de la récupération associée aux vacances (Strauss-Blasche et al., 2005). Par exemple, si vous êtes très fatigué, à la limite de l’état comateux, et bien le chemin de Compostelle n’est peut-être pas une bonne idée de vacances cette année…

Restez actif physiquement…sans vous épuiser bien sûr! Les bienfaits de l’activité physique ne sont plus à démontrer. Par contre, même pendant les vacances, il n’est pas possible de prendre congé de son corps! D’ailleurs une étude a démontré que plus les vacanciers font du sport, plus ils retirent du plaisir de leurs vacances et des bienfaits sur leur santé (De Bloom et al, 2011). L’activité physique pendant les vacances prédit d’ailleurs le niveau de ressourcement (Strauss-Blasche et al., 2005).

J’espère que ces quelques conseils sauront vous aider à profiter pleinement de vos vacances. L’APSSAP commence d’ailleurs à appliquer ces conseils. Et oui, le bulletin prend relâche jusqu’en septembre prochain. Je vous souhaite du bon temps, d’en profiter au maximum et de vous occuper de vous.

On se retrouve bientôt!

Annie

* Les opinions exprimées dans les articles n’engagent que leur auteur(e) et ne reflètent pas nécessairement celles des représentants de l’APSSAP.



  1. Scott, E., 2011. The Importance of Vacations for Stress Relief, Porductivity and Health. Consulté en ligne.
  2. Jessica de Bloom , Sabine A.E. Geurts , Sabine Sonnentag , Toon Taris , Carolina de Weerth & Michiel A.J. Kompier (2011): How does a vacation from work affect employee health and well-being?, Psychology & Health, 26:12, 1606-1622
  3. Krauss, S., 2010. The Importance of Vacations to our Physical and Mental Health. Psychology Today. Consulté en ligne.
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auteur

Annie Drouin

Conseillère en prévention et B.Sc. ergothérapie

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Les coordonnateurs en santé et sécurité du travail

Le coordonnateur en santé et sécurité du travail est le spécialiste en santé et sécurité du travail pour son ministère ou son association accréditée. À titre de représentant ministériel ou syndical, il coordonne le traitement et la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Concrètement, il est amené à planifier les actions ministérielles ou syndicales, à former, informer, soutenir et conseiller les gestionnaires et les travailleurs, à participer à la gestion de la santé et de la sécurité dans leur milieu et à siéger dans diverses instances du secteur de l'Administration provinciale. En plus d'être impliqué dans le processus de mise en place des comités de santé et de sécurité, le coordonnateur est le point de soutien pour les membres de ses comités. En cas de divergence au sein d'un comité, il peut faciliter ou accélérer la bonne marche des dossiers.

Les membres des comités de santé et sécurité

Le comité de santé et sécurité est une équipe de travail paritaire qui participe à l'amélioration de l'action en santé et sécurité et dont le but est la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. C'est un mécanisme « de terrain » qui constitue la pierre angulaire en matière de prévention dans un établissement. Plus particulièrement, il prend connaissance du programme de prévention, participe à l'identification et à l'évaluation des risques, tient des registres d'accidents, transmet les informations requises à la CSST, reçoit les avis d'accidents et enquête sur ceux-ci, reçoit les suggestions et les plaintes des travailleurs et procède aux inspections des lieux de travail. En plus, il choisit le médecin responsable, approuve le programme de santé, établit les programmes de formation et d'information des travailleurs en matière de santé et de sécurité et sélectionne les moyens et les équipements de protection individuels.

Les représentants à la prévention

De façon générale, le choix du représentant à la prévention se fait par les membres travailleurs du comité de santé et de sécurité. Pour être à même de contribuer significativement au respect des droits reconnus aux travailleurs par la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), le représentant à la prévention a pour rôles d'identifier les risques et formuler des recommandations afin de les corriger ou de les prévenir, d'assister les travailleurs de manière à leur accorder le support nécessaire en prévention et à les représenter auprès de différents intervenants. Prévu dans la loi, le représentant à la prévention est amené à inspecter les lieux de travail, à recevoir les avis d'accidents et à enquêter sur ceux-ci, à identifier les situations dangereuses, à faire les recommandations qu'il juge opportunes, à assister les travailleurs dans l'exercice de leurs droits, à accompagner l'inspecteur de la CSST, à intervenir dans le cadre du droit de refus, à porter plainte à la CSST et à participer à l'évaluation et l'identification des postes de travail, des contaminants et des matières dangereuses.

Les travailleurs

Le travailleur est une personne qui exécute, en vertu d'un contrat, un travail pour un employeur. Sa santé, sa sécurité et son intégrité physique sont assurés grâce à des droits, mais aussi à des obligations, qui sont énumérées dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST). Le travailleur a donc droit à des conditions qui respectent sa santé, sa sécurité et son intégrité physique, à une formation, un entraînement et une supervision appropriés pour accomplir son travail de façon sécuritaire et à de l'information sur la nature des risques présents dans son milieu de travail. Il doit aussi prendre connaissance du programme de prévention de l'employeur, veiller à ne pas mettre en danger sa santé, sa sécurité, son intégrité physique et celles des autres, se soumettre aux examens de santé exigés, participer à l'identification et à l'élimination des risques et collaborer avec le comité de santé et de sécurité.

Les gestionnaires

Le gestionnaire à la responsabilité de mettre en place, dans son établissement, diverses mesures concrètes pour prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. Il est amené à se conformer à la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), au règlement sur la santé et la sécurité au travail (RSST) et au code de sécurité sur les chantiers de construction (CSCC). Il doit également tenir compte de la politique concernant la santé des personnes au travail dans la fonction publique québécoise ainsi que de la politique ministérielle propre à chaque ministère et organisme qui établit des responsabilités aux différents paliers hiérarchiques et des attentes signifiées en matière de prévention. Concrètement, il doit élaborer un programme de prévention et le maintenir à jour, identifier et évaluer les risques dans les postes de travail et répondre aux exigences du système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT).

Les personnes-ressources en adaptation de poste de travail

La personne-ressource en adaptation de poste de travail a pour rôle d'accompagner rapidement et efficacement l'ensemble des travailleurs et des gestionnaires de son établissement dans l'évaluation et l'adaptation de leur poste de travail de bureau. La personne-ressource est amené, entre autres, à promouvoir l'utilisation d'Adapte auprès de ses collègues, à répondre à leurs questions, à évaluer et adapter le poste de travail des nouveaux employés et à faire des recommandations à son gestionnaire concernant notamment l'achat de matériel et d'équipement ergonomiques. Dans le cas où la personne-ressource n'est pas en mesure de régler une situation ou d'adapter adéquatement un poste de travail, elle peut solliciter l'aide d'un conseiller de l'APSSAP ou tout simplement référer le cas à l'intervenant désigné dans la structure de mise en place dans son organisation.

Les membres des équipes d'intervention en violence

L'équipe d'intervention en violence est un groupe composé de trois personnes dont l'action est organisée en fonction d'une stratégie adaptée à la situation pour laquelle elle sera sollicitée. Les membres de l'équipe doivent être volontaires, intéressés, représentatifs à la fois de l'employeur et des travailleurs et choisies en fonction des particularités de l'organisation. Idéalement, les membres de l'équipe d'intervention possèdent certaines habiletés de communication, se sentent confiants dans leur rôle et sont capables de garder un bon contrôle de leurs émotions. Ils doivent connaître le programme de mesures préventives en vigueur dans l'établissement et avoir l'intérêt à le mettre en œuvre. Le choix des membres ne devrait surtout pas reposer sur des critères physiques particuliers comme le sexe de la personne, la taille ou le poids.