Santé psychologique

Voguons ensemble

28 janvier 2016

Tous dans le même bateau
Ou cinq bonnes raisons de vous préoccuper de vos collègues

Travailler peut s’apparenter à une traversée en bateau. Naviguer sur l’étendue du monde du travail peut être exigeant, certes, mais combien stimulant! Lors d’un tel voyage, il faut s’assurer d’avoir l’équipement nécessaire et plusieurs bouées à sa disposition. Le soutien social est l’une d’entre elles.

Bien qu’il n’y ait aucun consensus sur la définition du soutien social (1) certains auteurs (2) le décrivent comme étant toutes les interactions entre individus, tant avec les collègues qu’avec les supérieurs, dont le but est de produire des résultats positifs, tant au plan émotif qu’au plan des tâches de travail. S’épauler les uns et les autres au travail est une évidence pour plusieurs, mais cela n’en demeure pas moins un choix personnel.

Voici cinq bonnes raisons de choisir de se préoccuper des autres matelots lorsqu’on écume les mers du travail.

  • Vaut mieux ramer ensemble que de s’échouer!

J’ignore si vous avez déjà fait du canot à plusieurs, mais lorsque les coups de rames ne sont pas synchronisés, le canot peine à avancer et c’est frustrant! Nous traversons tous les mêmes marées et les mêmes intempéries. En période de changement, s’entraider et coordonner nos efforts est alors une façon de faire front commun et de mieux transiger avec les bouleversements.

  • Pour qu’un autre matelot vous tire une bouée de sauvetage en cas de besoin.

Cultiver votre capital de sympathie au travail est avantageux pour votre bien-être et celui des autres. Si vos attitudes relationnelles s’apparentent à celles d’un pirate despotique, fort à parier qu’on vous laissera vous noyer si passez par-dessus bord. Par contre, lorsque les gens vous apprécient, ils sont évidemment plus enclins à vous aider en cas de besoin.

  • Pour arriver à bon port plus rapidement.

Atteindre les objectifs fixés dans le cadre de votre travail est plus aisé lorsque plusieurs mettent la main à la pâte tant que les efforts sont coordonnés. La littérature démontre d’ailleurs que le soutien social facilite la performance au travail et contribue à l’engagement envers l’organisation (3). De plus, lorsque les travailleurs perçoivent qu’ils sont traités équitablement de la part de leur gestionnaire, ils ont tendance à être plus mobilisés (4). Un capitaine qui donne du soutien aux marins prévient les mutineries.

  • Pour voguer sur des eaux calmes.

Développer et maintenir de bonnes relations interpersonnelles aide évidemment à limiter les conflits au travail. Vaut mieux apprendre à apprécier les différences et utiliser les forces des autres matelots que de risquer un naufrage du climat de travail. En offrant votre soutien à votre entourage professionnel, vous contribuez à tisser des liens qui vous permettront de contourner les ouragans relationnels.

  • Pour éviter le scorbut mental.

Tel que mentionné précédemment, le soutien social est contagieux. Vos collègues seront tentés de vous en donner s’ils en reçoivent. Or, le soutien social permet d’améliorer la capacité de l’individu à maintenir une bonne santé mentale dans des situations stressantes et réduit l’impact du stress de façon générale (5). À l’inverse, les gens qui reçoivent peu de support de la part de leurs collègues ont des durées d’absence plus longues (6) et présentent un risque de dépression plus grand (7).

Le soutien social peut me manifester de différentes manières, tant de la part du gestionnaire que des collègues.

Pour les gestionnaires, il existe plusieurs façons d’offrir du soutien aux employés :

  • Prendre le temps d’écouter avec empathie et offrir de l’aide au besoin;
  • Donner des orientations et des attentes claires pour éliminer les incertitudes;
  • S’assurer que tous disposent des outils et du temps nécessaires pour effectuer leur travail;
  • Créer des « espaces de parole » pour permettre d’échanger entre collègues, de s’entraider et de se soutenir les uns les autres;
  • Faire connaître les ressources disponibles en cas de difficultés.

Quant aux collègues de travail, ils représentent souvent la première ressource pour les personnes qui vivent des difficultés. Voici quelques exemples d’actions à poser pour soutenir les autres :

  • S’intéresser aux autres et au travail qu’ils font;
  • Prêter une oreille attentive aux problèmes des autres, leur procurer du réconfort et les aider à s’orienter vers des ressources spécialisées;
  • Aider ses collègues dans la réalisation de leurs tâches;
  • Offrir de passer du temps avec les autres, s’ils ont besoin de parler;
  • Partager l’information et son expertise.

 

N’oublions pas non plus le comité de santé et de sécurité du travail, qui peut poser des actions préventives intéressantes en lien avec le soutien social.

  • Tenir une rencontre d’échange avec le personnel pour déterminer des mesures de soutien social qui pourraient être instaurées dans l’établissement (pairs aidants, mentorat, parrainage, etc.).
  • Faire la promotion des mesures de soutien social offertes dans l’établissement, par exemple lorsqu’une personne revient au travail après une absence prolongée ou lorsqu’un nouvel employé est intégré.
  • Organiser une rencontre d’information avec un représentant du PAE pour informer des services offerts par le PAE.
  • Faire connaître les tâches et les mandats de chacun.
  • Diffuser différents documents sur le soutien social.

 

N’attendons plus, tendons la main à nos collègues…et vogue la galère

 

(1) Cook et al, 1988, cité dans Algard, 2009; Ruiller, 2010
(2) Lysaght, R.M. & Larmour-Trode, S. (2008). Traduction libre.
(3) Lysaght et Larmour-Trode, 2008
(4) Lysaght et Larmour-Trode, 2008
(5) Lysaght et Larmour-Trode, 2008
(6) Post et al., 2005
(7) Netterstrom et al. 2008; Blackmore et al. 2007

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auteur

Annie Drouin

Conseillère en prévention et B.Sc. ergothérapie

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Les coordonnateurs en santé et sécurité du travail

Le coordonnateur en santé et sécurité du travail est le spécialiste en santé et sécurité du travail pour son ministère ou son association accréditée. À titre de représentant ministériel ou syndical, il coordonne le traitement et la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Concrètement, il est amené à planifier les actions ministérielles ou syndicales, à former, informer, soutenir et conseiller les gestionnaires et les travailleurs, à participer à la gestion de la santé et de la sécurité dans leur milieu et à siéger dans diverses instances du secteur de l'Administration provinciale. En plus d'être impliqué dans le processus de mise en place des comités de santé et de sécurité, le coordonnateur est le point de soutien pour les membres de ses comités. En cas de divergence au sein d'un comité, il peut faciliter ou accélérer la bonne marche des dossiers.

Les membres des comités de santé et sécurité

Le comité de santé et sécurité est une équipe de travail paritaire qui participe à l'amélioration de l'action en santé et sécurité et dont le but est la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. C'est un mécanisme « de terrain » qui constitue la pierre angulaire en matière de prévention dans un établissement. Plus particulièrement, il prend connaissance du programme de prévention, participe à l'identification et à l'évaluation des risques, tient des registres d'accidents, transmet les informations requises à la CSST, reçoit les avis d'accidents et enquête sur ceux-ci, reçoit les suggestions et les plaintes des travailleurs et procède aux inspections des lieux de travail. En plus, il choisit le médecin responsable, approuve le programme de santé, établit les programmes de formation et d'information des travailleurs en matière de santé et de sécurité et sélectionne les moyens et les équipements de protection individuels.

Les représentants à la prévention

De façon générale, le choix du représentant à la prévention se fait par les membres travailleurs du comité de santé et de sécurité. Pour être à même de contribuer significativement au respect des droits reconnus aux travailleurs par la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), le représentant à la prévention a pour rôles d'identifier les risques et formuler des recommandations afin de les corriger ou de les prévenir, d'assister les travailleurs de manière à leur accorder le support nécessaire en prévention et à les représenter auprès de différents intervenants. Prévu dans la loi, le représentant à la prévention est amené à inspecter les lieux de travail, à recevoir les avis d'accidents et à enquêter sur ceux-ci, à identifier les situations dangereuses, à faire les recommandations qu'il juge opportunes, à assister les travailleurs dans l'exercice de leurs droits, à accompagner l'inspecteur de la CSST, à intervenir dans le cadre du droit de refus, à porter plainte à la CSST et à participer à l'évaluation et l'identification des postes de travail, des contaminants et des matières dangereuses.

Les travailleurs

Le travailleur est une personne qui exécute, en vertu d'un contrat, un travail pour un employeur. Sa santé, sa sécurité et son intégrité physique sont assurés grâce à des droits, mais aussi à des obligations, qui sont énumérées dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST). Le travailleur a donc droit à des conditions qui respectent sa santé, sa sécurité et son intégrité physique, à une formation, un entraînement et une supervision appropriés pour accomplir son travail de façon sécuritaire et à de l'information sur la nature des risques présents dans son milieu de travail. Il doit aussi prendre connaissance du programme de prévention de l'employeur, veiller à ne pas mettre en danger sa santé, sa sécurité, son intégrité physique et celles des autres, se soumettre aux examens de santé exigés, participer à l'identification et à l'élimination des risques et collaborer avec le comité de santé et de sécurité.

Les gestionnaires

Le gestionnaire à la responsabilité de mettre en place, dans son établissement, diverses mesures concrètes pour prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. Il est amené à se conformer à la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), au règlement sur la santé et la sécurité au travail (RSST) et au code de sécurité sur les chantiers de construction (CSCC). Il doit également tenir compte de la politique concernant la santé des personnes au travail dans la fonction publique québécoise ainsi que de la politique ministérielle propre à chaque ministère et organisme qui établit des responsabilités aux différents paliers hiérarchiques et des attentes signifiées en matière de prévention. Concrètement, il doit élaborer un programme de prévention et le maintenir à jour, identifier et évaluer les risques dans les postes de travail et répondre aux exigences du système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT).

Les personnes-ressources en adaptation de poste de travail

La personne-ressource en adaptation de poste de travail a pour rôle d'accompagner rapidement et efficacement l'ensemble des travailleurs et des gestionnaires de son établissement dans l'évaluation et l'adaptation de leur poste de travail de bureau. La personne-ressource est amené, entre autres, à promouvoir l'utilisation d'Adapte auprès de ses collègues, à répondre à leurs questions, à évaluer et adapter le poste de travail des nouveaux employés et à faire des recommandations à son gestionnaire concernant notamment l'achat de matériel et d'équipement ergonomiques. Dans le cas où la personne-ressource n'est pas en mesure de régler une situation ou d'adapter adéquatement un poste de travail, elle peut solliciter l'aide d'un conseiller de l'APSSAP ou tout simplement référer le cas à l'intervenant désigné dans la structure de mise en place dans son organisation.

Les membres des équipes d'intervention en violence

L'équipe d'intervention en violence est un groupe composé de trois personnes dont l'action est organisée en fonction d'une stratégie adaptée à la situation pour laquelle elle sera sollicitée. Les membres de l'équipe doivent être volontaires, intéressés, représentatifs à la fois de l'employeur et des travailleurs et choisies en fonction des particularités de l'organisation. Idéalement, les membres de l'équipe d'intervention possèdent certaines habiletés de communication, se sentent confiants dans leur rôle et sont capables de garder un bon contrôle de leurs émotions. Ils doivent connaître le programme de mesures préventives en vigueur dans l'établissement et avoir l'intérêt à le mettre en œuvre. Le choix des membres ne devrait surtout pas reposer sur des critères physiques particuliers comme le sexe de la personne, la taille ou le poids.